Une jeune femme triste boit un verre de thé ; sa mère, assise à côté, la regarde

Layla Lamjarred · 2026 · Tarab

Mama 3arfa

ماما عارفة

Aussi écrit : Mama Arfa · Mama 3arfa

Les paroles, ligne par ligne

آه... يا لالّة... يا الغالية... آه...

Ah... ya lalla... ya lghalya... ah...

Ah... ô Lalla... ô ma précieuse... ah...

Ah... oh Lalla... oh my dearest... ah...

فالطّبلة كنضحك... ونعمّر الكيسان

F ttebla kand7ek... w n3ammer lkisan

À table je ris... et je remplis les verres

At the table I laugh... and fill the glasses

ونگول: «أنا بخير»... ونغطّي فمّي بالفنجان

W ngoul: «Ana bikhir»... w nghetti fommi b lfenjan

Et je dis : « Je vais bien »... et je cache ma bouche derrière la tasse

And I say: «I’m fine»... and hide my mouth behind the cup

وماما ساكتة... غير كتشوف فيّا... وعارفة

W mama sakta... ghir katchouf fiya... w 3arfa

Et Maman se tait... elle me regarde seulement... et elle sait

And Mama is silent... she just looks at me... and she knows

كلّ ما نخبّي دمعة... كنلقاها شايفة

Koll ma nkhebbi dem3a... kanl9aha chayfa

Chaque fois que je cache une larme... je vois qu’elle l’a vue

Every time I hide a tear... I find she has seen it

گالت ليّا: «آ بنتي... اللّقمة واقفة فيدّك

Galet liya: «A benti... lle9ma wa9fa f yeddek

Elle m’a dit : « Ma fille... la bouchée reste dans ta main

She said to me: «My daughter... the bite is stuck in your hand

وعينك بعيدة... آش بيك؟»

W 3inek b3ida... ach bik?»

Et ton regard est loin... qu’est-ce que tu as ? »

And your eyes are far away... what’s wrong?»

ماما عارفة اش بيك... قبل ما تگولي اش بيك

Mama 3arfa ach bik... 9bel ma tgouli ach bik

Maman sait ce que tu as... avant que tu dises ce que tu as

Mama knows what’s wrong... before you say what’s wrong

تخبّي عليها دمعة؟... راها كتبكي عليك

Tkhebbi 3liha dem3a?... raha katbki 3lik

Tu lui caches une larme ?... elle pleure pour toi

You hide a tear from her?... she is crying for you

حضنها دوا... وصوتها رقية

7ednha dwa... w sowtha r9ya

Ses bras sont un remède... et sa voix une prière qui guérit

Her embrace is medicine... and her voice a healing prayer

ماما عارفة... ماما عارفة... آاااه

Mama 3arfa... mama 3arfa... aaaah

Maman sait... Maman sait... aaaah

Mama knows... Mama knows... aaaah

فالطّبلة كنضحك... ونعمّر الكيسان

F ttebla kand7ek... w n3ammer lkisan

À table je ris... et je remplis les verres

At the table I laugh... and fill the glasses

ونگول: «أنا بخير»... ونغطّي فمّي بالفنجان

W ngoul: «Ana bikhir»... w nghetti fommi b lfenjan

Et je dis : « Je vais bien »... et je cache ma bouche derrière la tasse

And I say: «I’m fine»... and hide my mouth behind the cup

وماما ساكتة... غير كتشوف فيّا... وعارفة

W mama sakta... ghir katchouf fiya... w 3arfa

Et Maman se tait... elle me regarde seulement... et elle sait

And Mama is silent... she just looks at me... and she knows

كلّ ما نخبّي دمعة... كنلقاها شايفة

Koll ma nkhebbi dem3a... kanl9aha chayfa

Chaque fois que je cache une larme... je vois qu’elle l’a vue

Every time I hide a tear... I find she has seen it

ماما عارفة اش بيك... قبل ما تگولي اش بيك

Mama 3arfa ach bik... 9bel ma tgouli ach bik

Maman sait ce que tu as... avant que tu dises ce que tu as

Mama knows what’s wrong... before you say what’s wrong

تخبّي عليها دمعة؟... راها كتبكي عليك

Tkhebbi 3liha dem3a?... raha katbki 3lik

Tu lui caches une larme ?... elle pleure pour toi

You hide a tear from her?... she is crying for you

حضنها دوا... وصوتها رقية

7ednha dwa... w sowtha r9ya

Ses bras sont un remède... et sa voix une prière qui guérit

Her embrace is medicine... and her voice a healing prayer

ماما عارفة... ماما عارفة... آاااه

Mama 3arfa... mama 3arfa... aaaah

Maman sait... Maman sait... aaaah

Mama knows... Mama knows... aaaah

گالت ليّا: «بكّي آ بنتي... الدّمعة عند أمّك ماشي عيب»

Galet liya: «Bekki a benti... ddem3a 3end ommek machi 3ib»

Elle m’a dit : « Pleure, ma fille... une larme devant ta mère n’est pas une honte »

She said to me: «Cry, my daughter... a tear in front of your mother is no shame»

وبكيت... اوّل مرّة من نهار اللي مشى... بكيت

W bkit... awwel merra men nhar lli mcha... bkit

Et j’ai pleuré... pour la première fois depuis le jour où il est parti... j’ai pleuré

And I cried... for the first time since the day he left... I cried

ماما عارفة اش بيك... قبل ما تگولي اش بيك

Mama 3arfa ach bik... 9bel ma tgouli ach bik

Maman sait ce que tu as... avant que tu dises ce que tu as

Mama knows what’s wrong... before you say what’s wrong

تخبّي عليها دمعة؟... راها كتبكي عليك

Tkhebbi 3liha dem3a?... raha katbki 3lik

Tu lui caches une larme ?... elle pleure pour toi

You hide a tear from her?... she is crying for you

حضنها دوا... وصوتها رقية

7ednha dwa... w sowtha r9ya

Ses bras sont un remède... et sa voix une prière qui guérit

Her embrace is medicine... and her voice a healing prayer

ماما عارفة... ماما عارفة... آاااه

Mama 3arfa... mama 3arfa... aaaah

Maman sait... Maman sait... aaaah

Mama knows... Mama knows... aaaah

يا ماما... آه...

Ya mama... ah...

Ô Maman... ah...

Oh Mama... ah...

Ce que raconte la chanson

« Mama 3arfa » (« Maman sait ») est une chanson sur le chagrin caché derrière un rire, et sur la mère qui le voit sans qu'on le dise. La fille fait comme si tout allait bien ; la mère comprend avant d'entendre la réponse : elle lit les petits détails, dans le repas et dans les yeux.

La chanson est construite autour d'une larme retenue qui attend son moment. Deux couplets et deux refrains passent sans qu'elle coule ; elle ne vient qu'au pont, quand la mère l'autorise à pleurer.

Le refrain repose sur un contraste : la fille cache sa larme, et c'est la mère qui pleure pour elle. Les bras de la mère sont « dwa » (« un remède ») et sa voix une « r9ya » : les deux mots sont dans la même phrase, et de ce rapprochement nous lisons que c'est la mère qui soigne. Le refrain passe au « tu », et le texte ne dit pas à qui il parle : peut-être la fille se parle-t-elle à elle-même, peut-être est-ce encore la mère qui parle et se nomme elle-même « Mama », peut-être la chanson s'adresse-t-elle à l'auditeur. La question reste ouverte.

Notre lecture : il y a une différence entre la larme qu'on cache à table et la larme qui « n'est pas une honte » devant sa mère. Les bras de la mère sont le seul lieu de la chanson où le chagrin n'a plus besoin de se cacher. La cause du chagrin n'apparaît qu'à la fin, en deux mots : « celui qui est parti ». Le texte ne dit ni qui il est ni comment il est parti : séparation, voyage ou mort, nous ne le savons pas.

Vocabulaire : « tebla » (la table du repas), « kisan » (pluriel de « kas », verre), « l9ma » (la bouchée qu'on porte à la main), « ach bik ? » (qu'est-ce que tu as ?), « 3ib » (honte), « lalla » (titre honorifique donné à une femme ; le texte ne dit pas à qui il s'adresse ici), « lghalya » (la très chère).

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